Une véritable mode dadaïste s'établit et s'étendit aux domaines extra-littéraires : les danses populaires, la caricature, la musique, la typographie. On vit naître les mouvements Fada (à Marseille), Toutou, Gaga, Dudu, Nounou, l'école des Hurleurs, le Sémantisme de Pierre Chapka-Bonnière à New-York, l'aaïsme, l'Amorphisme, etc. "On nous annonce le Mectoumisme", s'exclamait un critique, "et nous sommes menacés de l'Animalisme." Un chrroniqueur, Charles Derenne, déclara avoir reçu un volume publié par un certain Ercole Picadoreff, fondateur d'une école para-dadaïste, le Sensationnisme majeur, au sein de laquelle auteurs et oeuvres étaient désignés par de simples numéros, le chef portant bien entendu le numéro 1 et le titre des publications étant remplacé par "une symphonie de lettres et de chiffres comme dans les plaques minéralogiques". Il décrit ainsi la première oeuvre sensationniste du numéro 1 : 100W-C :
"In octavo aux plats de bois et au dos monstrueusement hypertrophié qui contient une machinerie délicate : feuilles de carton numérotées qu'on vous invite à tourner avec précision. Sur la première, un vers de Baudelaire inscrit en renversant l'ordre des mots ; sur une autre un bonbon plat dans un sachet de papier transparent et l'adresse du confiseur où je pourrais renouveler le bonbon en échange de tickets gentiment épinglés dans un coin ; je feuillette : un jet de parfum me saute au nez ; une autre page et une invisible boîte à musique m'offre une phrase d'Erik Satie ; une autre et j'y lis le mot de Cambronne dans toutes les langues, ce qui est assez instructif ; une autre, et une minuscule fusée jaillit, manquant de m'éborgner"
"In octavo aux plats de bois et au dos monstrueusement hypertrophié qui contient une machinerie délicate : feuilles de carton numérotées qu'on vous invite à tourner avec précision. Sur la première, un vers de Baudelaire inscrit en renversant l'ordre des mots ; sur une autre un bonbon plat dans un sachet de papier transparent et l'adresse du confiseur où je pourrais renouveler le bonbon en échange de tickets gentiment épinglés dans un coin ; je feuillette : un jet de parfum me saute au nez ; une autre page et une invisible boîte à musique m'offre une phrase d'Erik Satie ; une autre et j'y lis le mot de Cambronne dans toutes les langues, ce qui est assez instructif ; une autre, et une minuscule fusée jaillit, manquant de m'éborgner"
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